Après la lettre de Depardieu, la mienne…

« BEP, vous avez dit « BEP » ? Comme c’est beau…

lettre-ouverte-depardieuJe suis né en 1973, j’ai commencé à redoubler à l’âge de 6 ans à Bachelet, comme cancre puis au collège. J’ai toujours payé mes mauvaises notes quelqu’en soit la classe sous tous les gouvernements en place : Christian Beullac, Alain Savary, Jean Pierre Chevènement… J’ai failli à mes devoirs après l’école. Les Mangas que je regardais témoignent de mon amour pour la vie animée. Des personnages plus illustres que moi ont redoublés : Pierre Sarkozy, Johnny Depp pire Michel Drucker !

Je n’ai malheureusement plus rien à faire ici, mais je continuerai à aimer les profs et les camarades de classes avec lesquels j’ai partagé tant d’émotion ! Je pars parce que vous considérez que le succès, la création, le talent, en fait, la différence, doivent être orientés en BEP.

Je ne demande pas à être approuvé, je pourrais au moins être respecté et faire une seconde générale.

Tous ceux qui ont quitté l’école n’ont pas été injuriés comme je le suis.

Je n’ai pas à justifier les raisons de mon choix, qui sont nombreuses et intimes. Je pars, après avoir payé ces heures sur la chaise de l’école. Mais je conserve l’esprit de cette école qui était belle et qui j’espère, le restera.

Je vous rends mon carnet de correspondance et ma carte de cantine, dont je ne me suis jamais servi. Nous n’avons plus le même établissement, je suis un vrai actif, un citoyen de Pôle emploi, comme Huckleberry Finn me l’a toujours inculqué.

Je trouve minable l’acharnement de l’éducation nationale contre mon niveau scolaire par des profs qui m’ont condamné tout gosse à redoubler, quand tant d’autres échappaient à ça, je pense à Pierre Sarkozy, pour des faits autrement plus graves.

Je ne jette pas la pierre à tous ceux qui ont de bonnes notes, des mentions ou sautés une classe, je suis un des leurs, comme vos chers collègues aiment tant à le répéter. Je n’ai copié sur personne, je ne pense pas avoir démérité, j’ai payé avec trois redoublement et j’ai créée votre emploi.

Je ne suis ni à plaindre ni à vanter mais je refuse le mot « BEP ».

Qui êtes-vous pour m’orienter ainsi, je vous le demande madame la conseillère, je vous le demande, qui êtes-vous ?

Malgré mes excès, mon appétit et mon amour pour la télé, les vignettes Panini et les comics, je suis un être libre, Madame, et je vais rester au lit.  »

Rachid Santaki

 

3 Commentaires

  • Huckleberry Finn
    18 décembre 2012 - 16:08 | Permalien

    La tienne de lettre est bien plus drôle et prend plus aux tripes que celle de l’autre… Comment s’appelle-t-il déjà ? Ah oui, monsieur 145 millions d’euro d’impôts.

  • 2 janvier 2013 - 11:08 | Permalien

    j’adore :))

  • Fufu
    9 mars 2013 - 12:05 | Permalien

    Trop fort!

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