DE LA RAGE, A LA PLUME DU BITUME

« Je t’explique ce que je kiffe »
Porte d'ivry Périphérique sud. Les pancartes indiquent Porte de Bercy, quai d’Ivry. Clignotant à droite, coup d’œil dans le rétroviseur droit, sortie de la ceinture parisienne. Je longe la voie perpendiculaire à la Seine, me gare, prends seau de colle, balais, affiches et marche. Le vacarme des voitures fait monter mon adrénaline, j’arrive sur les lieux du « crime » : une tôle de métal sur le périphérique. Étalage de la colle, pose des affiches « LE 93 A SON ROMAN LE PLUS NOIR FLIC OU CAILLERA ». Photo envoyée sur les réseau sociaux.  Ni vu, ni connu, je reprends ma route et sillonne la banlieue pour  afficher mon nouveau roman. Le boulot s’achève vers quatre heures du matin je mesure l’impact de mon travail sur les fils d’actualités, les lèvres de gens – J’ai vu tes affiches –

« Seine Saint Denis Style »
Revues-5styles1Trois romans en deux ans : Les Anges S’habillent En Caillera, Des Chiffres Et Des Litres et depuis le 06 mars le nouveau Flic Ou Caillera. Contrairement aux habituels clichés, écrire un livre n’est pas une thérapie. Ni un exploit. Écrire un livre s’inscrit dans une démarche et la mienne ambitionne d’imposer le blaze « Santaki » dans l’édition et l’audiovisuel pour devenir un scénariste, ancré dans la réalité – Des ambitions large comme le rappeur Notorious Big – C’est dans cette dynamique que j’ai donc écris des polars sombres, violents, exposants le pire de la société avec réalisme. Mes histoires se vendent bien, en grand format, en poche et le premier est en cours d’adaptation avec Pierre Lacan (Légitime Défense, Des Chiffres Et Des Litres). Une revanche quand on connaît mon parcours chaotique à l’école, mes échecs scolaires. Je  kiffais tellement les comics qu’à dix piges, je voulais devenir scénariste pour l’entreprise Marvel mais après la rencontre avec la conseillère d’éducation, le rêve avait une voie de garage avec la 4eme techno, le BEP et ce bac Pro que je n’avais jamais décroché. Peu importe. Je suis rentré dans la vie active pour remplir le frigo : petits boulots dans la livraison, manutention et les choses se sont emboîtées. Première expérience ratée sur un site dédiée à la culture hip-hop, lancement avec Fabrice Allouche, Stéphane Ackermann, de 5Styles un magazine gratuit diffusé à 50 000 exemplaires dans les Fnac et Courir. Une incroyable aventure de huit ans qui m’a apporté un réseau, le prix de la chambre de commerce de Paris et des sensations fortes. C’est dans l’urgence que j’ai écris  La Petite Cité Dans La Prairie, un premier livre craché avec mes tripes,  inabouti. A ma grande surprise, les lecteurs ont été au rendez vous et tout s’est enchaîné, j’ai décidé d’explorer le monde de l’édition des livres, d’écrire des polars, d’être en marge de la société. La suite je la raconte quelques lignes au dessus : Les ventes, les prix et un de ces kiffe ! J’ai flirté avec l’épanouissement en portant ces projets à bout de bras.

« Le monde de demain»
FBartholdi_StDenis_rencontreRachidSantakiLa banlieue fascine, la banlieue fashion et façonne des jeunes en manque de curiosité, dopés au rap et assommés par l’image de certains médias qui les dévalorisent avec les préjugés : De l’autre coté du périf, c’est pauvre. De l’autre coté du périf, c’est « wesh wesh ». En réalité de l’autre coté du périf, c’est une richesse et la France d’aujourd’hui, enfin de demain mais trop de gens s’épanouissent et s’enfuient de ce terroir. Trop peu mettent en relief cette énergie, l’accompagne, lui donne confiance comme un gosse de dix mois qui fait ses premiers pas. J’ai donc décidé pour bien planter mon statut d’auteur engagé (et enragé) de donner du temps dans les collèges, lycées, maison de quartier et même prisons de la Seine Saint Denis. Entre 2011 et 2013, j’ai quitté les frontières du Quatre vingt treize et suis parti dans toute la France, dans de nombreux quartiers où j’ai été chaleureusement accueilli, j’y ai raconté mes dix années de patron de presse, d’éducateur sportif, de coach. J’ai découvert la France à 37 piges, visité et kiffé le France et des villes comme Lyon, Strasbourg, Marseille, Metz. Le plus beau dans tout ça, c’est qu’avec des affiches et des livres j’ai franchi le périf et découvert l’Hexagone. Depuis le douze décembre mille neuf cent quatre vingt onze, date de décès de mon frère Hicham, je cherchais la paix, je ne l’ai pas trouvé mais je la soigne en écrivant et collant des affiches dans des lieux inédits et en faisant de belles rencontres qui m’enrichissent.

Rachid Santaki, Flic Ou Caillera, Éditions du Masque actuellement disponible

Un commentaire

  • Florian
    11 avril 2013 - 12:54 | Permalien

    La banlieue fascine. La Banlieue fashion. La Banlieue. Pour certains, presque un autre monde. Un peu comme New York City, non ? Si lointain et si proche !

    J’ai vraiment hâte de lire ton livre, afin de voir le traitement que tu as apporté à ma Banlieue ! Les « ambiances » de la cité me manquent parfois, maintenant que je n’y habite plus.

    Ah au fait, Rachid on s’est rencontrés à plusieurs reprises, il y a quelques années !! Un indice ? hiphop.fr…

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